JDPP bureau inverseQue faut-il faire ?...

Par Jacques de Panisse Passis

Président du Directoire, Gérant et Associé

 

La confusion est indéniablement le terme qui caractérise le mieux l’état d’esprit ambiant sur les marchés financiers. Deux opinions s’opposent.

L’une constate une croissance certes modérée mais existante, un chômage au plus bas, des taux nuls ou négatifs qui devraient soutenir les marchés d’actions, stimuler l’activité et protéger d’éventuelles sociétés en difficulté, un ralentissement marqué qui touche les secteurs industriels mais n’affecte pas les services (qui constituent l’essentiel de l’économie), un coût du baril contrôlé qui préserve le pouvoir d’achat des consommateurs, des dirigeants et des banques centrales qui sont prêts à recourir au déficit budgétaire en cas de détérioration de la conjoncture.

L’autre craint une récession industrielle qui se propagerait à toute l’économie, un mouvement de baisse des taux qui buterait sur ses limites avant de s’inverser, une montée des égoïsmes d’Etat liée à l’émergence de courants populistes, des tensions internationales qui devraient freiner les échanges et possiblement enflammer les prix du pétrole, une dégradation progressive des résultats opérationnels des sociétés, enfin des dépenses colossales qui se profilent du fait des grandes mutations qui s’annoncent dans les domaines de l’énergie, du vieillissement, du climat, des infrastructures … alors que la plupart des pays enregistrent des endettements records.

Enfin, sur le plan géo stratégique, signalons l’Iran qui a tout intérêt à torpiller l’introduction en bourse de Saudi Aramco. Une nouvelle mise à l’épreuve des installations pétrolières saoudiennes, en pleine campagne électorale américaine, permettrait aux iraniens d’atteindre leur objectif, sans prendre grand risque. L’Iran, ayant démontré sa capacité de nuisance, pourrait engager des négociations dans des conditions relativement favorables. En revanche, le redressement brutal de l’inflation compliquerait la donne.

Dans un tel contexte, que faut-il acquérir, que faut-il éviter ?

Concernant les monnaies, le dollar, du fait de son monopole et de la meilleure résistance de l’économie américaine, demeure actuellement la devise la plus sûre. Dès lors qu’il ne s’apprécie ni trop vite ni trop fort, les devises émergentes devraient également résister correctement. En revanche l’euro, privé de la puissance exportatrice de l’Allemagne et tributaire de la politique extrêmement accommodante de la BCE, pourrait se déprécier.

Le niveau des taux d’intérêt permet d’exclure d’emblée les obligations des pays de l’OCDE. Non seulement leur rendement est dérisoire ou négatif mais un possible redressement des taux les rend vulnérables. En revanche, la Chine et les émergents offrent un potentiel d’appréciation ou au minimum une forme de protection. Enfin l’or, comme actif réel, nous paraît toujours très attrayant.

Concernant les actions, l’attirance varie suivant les catégories. La sphère bancaire demeurera durablement handicapée par les taux bas et la mutation du secteur en cours. Les actions de croissance pourraient poursuivre leur appréciation en l’absence d’inflation, dès lors qu’elles parviennent à préserver une croissance et une rentabilité suffisantes. Les actions susceptibles de distribuer un dividende conséquent tout en offrant une faible volatilité, devraient attirer les investisseurs en quête d’un rendement, devenu denrée rare.

Le ralentissement industriel qui s’étend à toute la planète est structurel. En revanche, en dehors de la sphère liée à l’automobile qui est particulièrement atteinte, deux secteurs pourraient bénéficier d’un élan porteur dans un délai raisonnable.

D’une part, les producteurs d’énergie électrique : les besoins d’électricité progressent à une vitesse vertigineuse du fait des très nombreux serveurs créés et alimentés pour garder en mémoire toutes les informations que nous produisons.

D’autre part, les acteurs et fournisseurs de grands travaux : en effet de très nombreuses infrastructures, ponts, routes, digues …, réalisées à base de béton, devront être construites ou remplacées dans les années qui viennent.

Le 1er octobre 2019

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