JDPP bureau inverseChine, États-Unis, des mentalités différentes

Par Jacques de Panisse Passis

Président du Directoire, Gérant et Associé

 

La Chine a fait savoir qu’elle envisageait avec réserve l’aboutissement d’un accord avec l’administration américaine du fait du tempérament impulsif du Président Trump. Au-delà des propos circonstanciés qui relèvent de la négociation, quelques extraits de l’ouvrage remarquable de Graham Allison, « L’Amérique et la Chine dans le piège de Thucydide ? » mettent en évidence les profondes divergences entre les mentalités qui animent les deux plus grandes puissances mondiales.

La Chine se perçoit comme le centre de l’univers civilisé, l’Empereur était l’unique lien entre les humains et le monde céleste. Le monde se divisait en deux, le peuple Han et les barbares. Les étrangers pouvaient bénéficier du contact avec la Chine à condition d’admettre la suzeraineté chinoise. L’Amérique estime qu’elle est la première puissance mondiale et que cette place repose sur la légitimité universelle de ses valeurs. Les États-Unis sont centrifuges, l’empire du milieu est centripète.

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JDPP bureau inverseQue faut-il faire ?...

Par Jacques de Panisse Passis

Président du Directoire, Gérant et Associé

 

La confusion est indéniablement le terme qui caractérise le mieux l’état d’esprit ambiant sur les marchés financiers. Deux opinions s’opposent.

L’une constate une croissance certes modérée mais existante, un chômage au plus bas, des taux nuls ou négatifs qui devraient soutenir les marchés d’actions, stimuler l’activité et protéger d’éventuelles sociétés en difficulté, un ralentissement marqué qui touche les secteurs industriels mais n’affecte pas les services (qui constituent l’essentiel de l’économie), un coût du baril contrôlé qui préserve le pouvoir d’achat des consommateurs, des dirigeants et des banques centrales qui sont prêts à recourir au déficit budgétaire en cas de détérioration de la conjoncture.

L’autre craint une récession industrielle qui se propagerait à toute l’économie, un mouvement de baisse des taux qui buterait sur ses limites avant de s’inverser, une montée des égoïsmes d’Etat liée à l’émergence de courants populistes, des tensions internationales qui devraient freiner les échanges et possiblement enflammer les prix du pétrole, une dégradation progressive des résultats opérationnels des sociétés, enfin des dépenses colossales qui se profilent du fait des grandes mutations qui s’annoncent dans les domaines de l’énergie, du vieillissement, du climat, des infrastructures … alors que la plupart des pays enregistrent des endettements records.

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JDPP bureau inverseUn calendrier bien chargé...

Par Jacques de Panisse Passis

Président du Directoire, Gérant et Associé

 

L’été, plutôt agité, a confirmé le grand paradoxe qui explique la volatilité des marchés financiers. Prenons un peu de recul. Le cycle économique connait des phases d’expansion qui conduisent naturellement à des hausses de salaires et de prix, suivies de phases d’essoufflement liées au surinvestissement. Traditionnellement, les banques centrales interviennent pour freiner l’emballement en remontant les taux d’intérêt lorsque l’inflation accélère puis en baissant les taux d’intérêt lorsque le ralentissement de l’économie se confirme et qu’il est souhaitable de stimuler l’activité.
Depuis la grande crise financière de 2008, les banques centrales ont décidé d’agir par anticipation en baissant systématiquement les taux d’intérêt, pour oxygéner en abondance l’économie et favoriser les Etats surendettés. En achetant massivement les dettes sur le marché, elles ont déconnecté le niveau des taux d’intérêt de la réalité économique. Les indicateurs de croissance et d’inflation, fortement perturbés par le niveau artificiel des taux, semblent avoir perdu leur signification habituelle et ne permettent plus de suivre le déroulement du cycle économique.

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